L'art de la guerre

    Dans l'Italie de la Renaissance, les troupes battent la campagne. Les meilleurs artistes et ingénieurs s'intéressent aux techniques guerrières. Auprès de Verrocchio, qui fond des canons et des armures, Léonard découvre certains des nombreux traités de l'époque consacrés à la chose militaire : ceux de Taccola, Di Giorgio, Valturio... Un savoir qu'il tente de faire fructifier. Arrivant à Milan, en 1482, Vinci rédige une étonnante lettre au duc Ludovic Sforza. Agrémentée d'un album d'illustrations, n'évoquant qu'à la marge ses talents de peintre, elle met l'accent sur ses capacités d'ingénieur militaire. Dans cet acte de candidature, précise le professeur Martin Kemp, "se mêlent intimement inventivité pratique, perpétuation du passé et fantaisie irréalisable". L'arsenal décrit vise à impressionner le despote. C'est le "théâtre de la guerre", à grand renfort d'effets spectaculaires. Par la suite, employé successivement par les Français, les Vénitiens, les Florentins, Léonard délaissera les projets fous, se concentrant sur une grande innovation du temps : les armes à feu. Grâce aux modélisations en 3D, on peut voir à quel point ses armes étaient futuristes pour le XVIème siècle.

   Blindés et Chars à Faux.

   "Je puis construire des voitures couvertes et indestructibles, portant de l'artillerie et qui, ouvrant les rangs de l'ennemi, briseraient les troupes les plus solides", affirme Léonard. Mais, après de nombreuses versions, il abandonne cette idée que seul le moteur à explosion rendra réalisable. Le char à faux est, lui, l'adaptation d'un modèle antique.

      

                                                       

Défense de forteresse

   Fin du XVème siècle : l'assaut de fortifications à l'aide d'echelles demeure une technique courante. Léonard imagine donc cet ingénieux système pour mieux contrer les assaillants : une poutrelle dissimulée dans les murs repousse les échelles grâce à une série d'enrouleurs fixés à un système de leviers. Une invention savamment mise en page : l'artiste présente le maximum d'éléments dans un espace minimal mais théâtralisé. C'est cet exeptionnel talent de dessinateur qui donne un air si convaincant aux projets de Vinci.

Mitrailleuse à 12 canons.

         

   Vers 1480, la tension monte en Italie. Les armes à feu passionnent les chefs de guerre. Léonard a le premier, l'idée d'un engin capable de tirer en éventail.  Avec ses canons, cette mitrailleuse dispose d'une puissance de feu redoutable. Une manivelle permet de régler hauteur et longueur de tir, comme dans les pièces d'artillerie moderne.

Arbalète géante

   Longtemps, Vinci a travaillé à ce projet, dont les dimensions peuvent être jugées à la taille de l'homme qui l'actionne. L'arc est composé de plusieurs pièces de bois, courbées ensemble  à l'aide de cordes, et tendu par des pivots. La passion de Léonard pour les mécanismes explique sans doute pourquoi l'artiste s'intéresse à cette "balestre géante". Car cette arme est dépassée alors que l'artilerie est en plein essor. 

Bombardes

    Ce type d'armes était alors connu, mais Léonard innove avec des projectiles à fragmentation. Comme dans ses dessins d'anatomie ou d'hydraulique, il combine ici merveilleusement les propos techniques et artistiques.

Catapulte à double ressort

  "Là où on ne peut se servir de canon, je puis le remplacer par des catapultes et des engins pour lancer des traits d'une efficacité étonnante et jusqu'ici inconnus." Ces armes classiques sont alors toujours utilisées dans les batailles au côté des armes à feu. Léonard réunit ses nombreux projets de catapulte à ressort sur une même page. Il tentera sans cesse d'accroître le puissance et l'ergonomie de ses modèles en leur appliquant les principes de son "traité sur les éléments de mécaniques", un manuscrit perdu mais connu grâce à ses carnets.

  Ci dessous: une vidéo démontrant le fonctionnement de son prototype d'automobile.

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